« La consolation » de Anne-Dauphine Julliand

Amis lecteurs, bonjour ! J’ai envie de partager avec vous aujourd’hui un petit bijou d’humanité et de douceur : La consolation de Anne-Dauphine Julliand (Les Arènes, 18 €). Un livre qui parle avec une justesse infinie de ceux qui consolent et de ceux que l’on console.

Plus besoin, j’imagine, de présenter l’auteure de ce livre, qui a perdu à quelques années d’intervalle ses deux petites filles, Thaïs et Azylis, d’une maladie orpheline. Elle a témoigné de ces deux drames dans des récits poignants, Deux petits pas sur le sable mouillé (2010) et Une journée particulière (2013), ainsi qu’à travers de nombreuses conférences et interviews.

Dans ce nouveau récit, Anne-Dauphine Julliand explique qu’ « il est impossible de se remettre de ce deuil. Mais, il est possible de trouver des points d’appui dans les petites lumières de l’existence. » Sans pathos et avec beaucoup de pudeur et de simplicité, elle évoque la souffrance indescriptible d’être des parents « désenfantés » tout en expliquant que peuvent cohabiter en un même cœur la douleur et la paix : « La douleur de celui qui pleure. Et la paix de celui qui est consolé. »« J’ai beaucoup souffert et je souffre encore, écrit-elle aussi. Mais j’ai appris la consolation, ce délicat rapport à l’autre : s’approcher, toucher, parler. »

Nous constatons dans nos propres vies à quel point il est difficile de consoler une personne endeuillée. Pas simple de trouver les bons mots, les bons gestes, et c’est normal. Parfois même, par gêne ou par peur, on se met en retrait, voire on fuit. Or, comme le souligne Anne-Dauphine Julliand, « quand nous souffrons nous avons plus que jamais besoin des autres » et l’isolement ajoute de la peine à la peine. C’est pourquoi elle a voulu écrire ce livre pour donner quelques pistes pour savoir comment consoler ceux qui sombrent dans le chagrin : « Consoler, ce n’est pas nécessairement sécher les larmes. C’est souvent les laisser couler. » Elle donne des exemples vécus très simples et par là-même frappants : une soeur qui vous prend dans les bras, une infirmière qui s’assoit quelques minutes au bord du lit et prend juste le temps « d’être là »…

Du côté de ceux qui sont dans l’épreuve, seuls le temps et la consolation permettent de surmonter le chagrin sans se laisser engloutir : « il faut laisser le temps aux larmes, à la peine, à la désolation, à la consolation. » Et cette consolation passe par la douceur, dont « le summum est la consolation », car « sans douceur, on ne peut pas aborder l’épreuve. On s’y fracasse. » A condition que celui qui souffre s’autorise lui-même à lâcher prise et à accueillir cette douceur de la part de ceux qui veulent le consoler, un travail sur soi qui n’est pas si évident.

En conclusion, à travers ce récit, Anne-Dauphine Julliand explique être juste « une femme qui a besoin d’être consolée. Comme tout le monde. C’est pour ça que j’ai écrit un livre sur la consolation : je sais désormais que prendre soin de l’autre et de soi, c’est accepter de considérer aussi sa peine. Et faire en sorte, puisqu’elle est là, qu’elle puisse nous relier autrement. Si on l’accueille avec douceur, tout le monde y gagne : celui qui la porte et celui qui la reçoit. » Un message lumineux et universel.

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