J’M l’orthographe ! (avril 2013)

Tout avait pourtant bien commencé : je relisais tranquillement avec ma fille de 10 ans le résumé qu’elle avait rédigé pour sa fiche de lecture à rendre en classe le lendemain. Quelques petites fautes d’accords ou d’orthographe de ci de là, « c’est dommage, fais attention, ma chérie, mais ce n’est pas grave ». Et puis, j’ai lu un « ça » à la place de « sa », avant de tomber sur un participe passé écrit avec « er » au lieu de « é ». Et là, ce fut le drame : la poussée de stress, le coup de chaud, la montée d’adrénaline… et un grand cri furieux : « Mais enfin, comment peux-tu encore faire une faute pareille, C’EST INADMISSIBLE !!!!!!!!!!!!!!!!!! » Ma pauvre grande fille n’a évidemment pas compris pourquoi sa charmante maman – moi ! – se transformait ainsi en horrible hyène hurlante, pour une malheureuse faute d’accord de participe passé…

Je ne comprends pas moi-même pourquoi cette petite erreur de français – ô combien banale – m’a énervée à ce point. Enfin si, je sais pourquoi ! C’est parce que j’en ai assez de voir notre belle langue si souvent malmenée à l’écrit comme à l’oral, dans nos échanges de tous les jours comme dans les médias. Pas un journal que l’on ouvre, sans y découvrir toutes sortes de coquilles ! Pas un message reçu, qui ne soit truffé de fautes ! Pas une conversation avec nos enfants, qui ne soit émaillée de néologismes ! Sans parler du langage SMS, souvent réduit à l’état de phonétique, d’abréviations – lol, mdr… – ou de smileys. (Oui, je sais, moi aussi j’y ai recours parfois !)

Il est vrai que la langue est quelque chose de vivant et qui doit accompagner son temps. Comme le rappelle le site www.orthographe-recommandee.info, « au cours des siècles, la langue française a évolué, et son orthographe a fait l’objet de plusieurs réformes. » C’est ainsi que lors de la dernière réforme, en 1990, « les instances francophones compétentes, parmi lesquelles l’Académie française, ont proposé un nombre modéré de rectifications orthographiques, qui touchent environ 2000 mots. » L’objectif de cette « nouvelle orthographe » simplifiée ? « Contribuer au renforcement, à l’illustration et au rayonnement de la langue française à travers le monde ».

Moi, je veux bien toutes les réformes et évolutions de l’orthographe que l’on veut. Mais quand les nouvelles règles stipulent que l’on peut écrire aussi bien « oignon » que « ognon », « nénuphar » que « nénufar », ou « punch » que « ponch » (la boisson), j’en perds mon latin… et mon français !!!

« Tout le monde en parle ! » (déc. 2012)

Non, je ne m’apprête pas à vous proposer une critique télé de la dernière émission animée par Thierry Ardisson, ni à reprendre une des expressions épinglées par Philippe Delerm dans son dernier ouvrage « Je vais passer pour un vieux con »… Non, aujourd’hui, je veux simplement évoquer la diversité des professions que l’on peut être amené à découvrir en France, lorsqu’on cherche à accompagner un enfant vers un mieux-être psychologique et/ou physique. Et on est parfois vraiment surpris !

Ainsi, dans le domaine paramédical, tout le monde – ou presque – a déjà expérimenté un jour ou l’autre l’homéopathie, pour aider à gérer stress et émotivité. Dans le même objectif, ou pour des troubles d’ordre fonctionnel, un certain nombre d’entre nous a déjà eu recours à l’ostéopathie. Quant à l’approche psychologique, certains auront sans doute déjà rencontré psychologues, psychothérapeuthes ou pédopsychiatres. D’aucuns, enfin, font régulièrement suivre leurs enfants par des orthophonistes. Ces derniers s’avèrent avoir eux-mêmes chacun leur spécialité, ce qui n’est pas toujours simple à décrypter… mais jusque là, on reste dans le domaine connu.

Mais savez-vous par exemple ce qu’est l’auriculothérapie ? Non ? Eh bien, je vais vous l’apprendre ! L’auriculothérapie a été créée par un Français, Nogier, qui a établi une « carte » de l’oreille, avec ses correspondances entre des points de l’oreille et des zones du corps. Le thérapeute soigne un patient, au choix, avec de très petites aiguilles ou par simple stimulation. Le principe est déconcertant, mais il est certain qu’après avoir consulté un auriculothérapeuthe, on regarde ses oreilles d’un autre œil !

Une autre approche étonnante est celle de la kinésiologie. En France, ce terme désigne une technique de mieux-être qui a le même rôle qu’une thérapie, avec un accompagnement de la personne, et qui permettrait, selon ses utilisateurs, de dissoudre les blocages émotionnels et mentaux grâce à un dialogue corporel, à la recherche des solutions les plus adaptées. Un peu ésotérique à mon goût, mais efficace selon certains !

Il existe ainsi bien d’autres spécialistes, aux méthodes inédites, qui peuvent nous être un jour ou l’autre recommandés, au détour d’une conversation ou d’un article de presse. Sans parler du docteur Machin ou de Madame Chose, qui feraient des merveilles et dont « tout le monde parle »… Certains sont convaincants, d’autres moins. Une chose est sûre en tout cas : c’est que nous ne manquons pas en France de talents divers pour nous aider – le tout étant de trouver les « bonnes personnes » -. Et ça, c’est tout de même une vraie bonne nouvelle !

 

Non, procrastiner n’est pas un gros mot ! (juin 2012)

Je procrastine, tu procrastines, il procrastine, nous procrastinons… Pas de doute, le verbe « procrastiner » se conjugue à toutes les personnes et à tous les temps, au sens propre comme au sens figuré. Ainsi, sans même le savoir parfois, nous procrastinons tous au quotidien ! Vous ne me croyez pas ? Démonstration !

Les impôts à payer ? Il nous reste encore quelques jours… Le linge à laver ? Il attendra bien vingt-quatre heures… Un texte à rédiger ? Je vais négocier un petit délai… Les devoirs des enfants ? Ils jouent bien, je ne vais pas les déranger maintenant ! Les courses à faire ? Bah, je vais me contenter d’accommoder les restes du frigo… Etc etc. Vous vous reconnaissez dans certains de ces exemples ? C’est donc que vous aussi, vous procrastinez !

En effet, comme l’indique le dictionnaire Larousse, la procrastination indique « une tendance pathologique à remettre une action au lendemain ». Ce n’est donc pas un gros mot, mais plutôt une élégante façon de désigner notre penchant – bien naturel ! – à repousser à plus tard ce qui nous ennuie, pour privilégier le plaisir immédiat. Avec l’espoir que nos tâches ingrates vont finir par s’accomplir toutes seules, à la faveur d’une grâce divine… Mais cet espoir est souvent déçu, hélas !!!

Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas une pathologie bien grave, il faut juste parfois en prendre conscience, pour essayer de se soigner un peu ! Parce que, tel le lièvre de la fable, à force de procrastiner, on finit par se laisser dépasser par ce que l’on a à faire… et cela peut générer culpabilité et stress. Pour lutter contre la procrastination, armons-nous donc de force, de courage et de témérité, et attaquons de front nos corvées pour nous en débarrasser ! Car avant l’heure, ce n’est pas l’heure… mais après l’heure, ce n’est plus l’heure !

Mon enfant, sa vie, son oeuvre ! (mai 2011)

A Versailles, dès la naissance d’un enfant, il est de bon ton de prévoir sérieusement son avenir scolaire et professionnel (voire conjugal et familial, mais ça c’est une autre histoire !). Les bonnes fées se bousculent autour du berceau pour souhaiter à nos chers petits les plus belles destinées : « Tu iras à Ginette, puis à Centrale ou Polytechnique pour devenir ingénieur, comme ton père, ton grand-père, etc. Ou bien tu feras une prépa à Hoche pour intégrer une grande école de commerce, telle qu’HEC, l’ESCP ou l’ESSEC, et briguer un poste de cadre sup’ en entreprise. » Fort bien, jolies perspectives ! Et puis c’est pratique, ce parcours tout tracé : pas besoin de se poser de questions, pas de stress, « yapluka »…

Mais attention, hors de ce programme, point de salut ! Alors comment faire quand notre enfant ne rentre pas dans les cases ? Quand il n’est pas formaté « scolaire », pas spécialement matheux, plutôt artiste ou littéraire, assez rêveur, un tantinet immature, avec des difficultés de concentration ou un vrai problème orthophonique… ou un peu de tout cela ? Quand les notes sont décevantes, malgré les heures passées par les parents et la maîtresse à expliquer les notions ? Quand le « coup de pouce » devient une habitude et les perspectives scolaires un sujet d’inquiétude ? Quand on est presque gêné d’avouer que non, notre enfant ne brille pas par ses résultats en classe ?

Même au sein de notre sympathique communauté de quartier, on évite de dire que l’un de nos enfants est en difficulté à l’école. On évoque plus volontiers celui de nos enfants qui réussit, qui n’a que des « 1 » à Saint Symphorien ou est pris en 6ème européenne. Comme s’il était honteux de ne pas exceller. Comme si tout était écrit dès les premières années et que la réussite professionnelle future dépendait forcément des bonnes notes obtenues en primaire. Comme si la réussite tout court était un but en soi.

Il me faut bien avouer que moi-même, en tant que maman, j’en arrive parfois à oublier que la performance scolaire est certes importante, mais pas vitale. Influencée par mon environnement, je m’impatiente, je tempête, je m’inquiète. Je perds de vue qu’aimer mon enfant, c’est l’aimer pour lui-même, avec ses forces et ses faiblesses, ses qualités et ses défauts, dans tous les domaines de la vie. C’est l’aimer pour ses failles mêmes et pour l’adulte qu’il est en devenir, avec un seul objectif : non pas qu’il réussisse dans la vie, mais qu’il réussisse sa vie.

Les filles ne comptent pas pour des prunes ! (sept. 2009)

Nous voici depuis presque 3 mois les heureux parents d’un petit garçon : Romain. Que du bonheur, cet enfant ! Il dort, il boit, il sourit, puis il dort, il boit, il sourit… et c’est comme ça toute la journée ! Ceux qui ont participé à Trinité 2009 avec nous peuvent témoigner de son doux caractère : personne ne l’a entendu broncher de la journée, malgré l’aller-retour en car et les 15 000 participants présents autour de son landau. Un bébé en or, vous dis-je, pourvu que ça dure !

Outre le fait d’être un bébé formidable (oui, c’est vrai qu’on en est gâteux !), Romain a une autre particularité : il est le petit dernier d’une famille de filles, 3 soeurs l’ont précédé. Et j’en viens là au vrai sujet de mon article : oui, nous sommes très heureux d’avoir ce bébé, mais non, ce n’est pas parce que c’est un garçon !

Certes, nous sommes heureux de découvrir des choses nouvelles : de troquer le rose contre du bleu, les robes contre des salopettes, de nous mettre bientôt aux petites voitures et aux jeux de ballons, d’imaginer quel grand échalas s’assoira à notre table dans quelques années… Bref, c’est vrai que c’est sympa « d’avoir les deux » dans une fratrie : garçon(s) et fille(s), ne serait-ce que pour varier les plaisirs et les découvertes.

Mais tout de même, attention à ces petites phrases en apparence anodines, mais qu’il vaut mieux éviter de lancer à une maman qui a déjà plusieurs enfants d’un même sexe, car c’est agaçant et parfois blessant (ce sont des exemples vécus !) :

  • pendant la grossesse : « pourvu que ce soit un garçon/une fille ! », ou pire : « je prierai pour vous pour que ce soit un garçon/une fille ! » (sans commentaire !)
  • après la naissance, si l’enfant est du même sexe que les précédents : « dommage, ce sera pour le prochain ! » (merci pour les brouillons !!!) ou « ton mari n’est pas trop déçu ? » (arggggh, je vais me faire répudier !), le tout avec une main compatissante sur l’épaule…
  • après la naissance, si l’enfant est de sexe différent des précédents : « bravo, vous avez réussi le garçon/la fille ! » (ah bon, c’était un concours ?) ou « ça valait le coup d’avoir un quatrième ! » (on ne l’a pas fait pour ça, et puis d’ailleurs ça aurait été un pari risqué !) ou encore « ton mari doit être drôlement content ! » (mais il aurait été content de toute façon d’être papa, non ???)

De fait, dans mon cas, cela a presque été un choc d’apprendre à 4 mois de grossesse que j’attendais un garçon, après mes 3 filles : moi-même issue d’une fratrie essentiellement féminine, je me croyais conditionnée à n’avoir que des filles et cela m’allait bien, je me voyais bien à la tête d’un petit gynécée et ne fantasmais pas sur « LE » fils que j’aurais pu avoir. J’ai donc mis les 5 mois suivants de grossesse à me faire à l’idée étrange que j’allais être maman d’un petit garçon… Je vous rassure, depuis la naissance, les changements de couches quotidiens m’ont habituée à cette réalité !!! Je suis au final très heureuse d’avoir un petit garçon, mais sincèrement, ce n’était pas une fin en soi.

En conclusion, je dirais ceci : ce qui compte, c’est d’avoir le bonheur d’être parents et que nos enfants – filles et/ou garçons – soient en bonne santé… C’est tout bête, mais ça vaut le coup d’être rappelé, non ?