« Ce qu’il faut de nuit » de Laurent Petitmangin

Amis lecteurs, bonjour ! Mon coup de coeur du jour : « Ce qu’il faut de nuit » de Laurent Petitmangin (Manufacture de Livres, 16,90€). Un petit livre magnifique, terrible, bouleversant. Lu d’une traite !

C’est l’histoire d’un père qui élève seul ses deux fils, « Fus » et « Gillou », quelque part dans l’Est de la France, en Lorraine, du côté de Nancy. Pendant la maladie de la « Moman », puis après sa disparition, la vie doit continuer, s’articulant autour des matchs de foot du samedi, de vacances au camping et de la distribution de tracts pour le parti socialiste. Une douce tendresse enveloppe les trois hommes. Mais les années passent, Fus change peu à peu et s’éloigne de son cadet et de son père vers d’autres horizons, d’autres relations, d’autres convictions… Comment parvenir à communiquer et s’aimer entre membres d’une même famille quand on ne se (re)connaît plus ?

Dans ce premier roman tout en finesse et en sensibilité, Laurent Petitmangin, nous livre ce qui semble être un témoignage social, voire politique, mais qui s’avère avant tout une formidable ode à l’amour entre un père et ses fils. Les personnages sont incroyablement vrais, incarnés. On ne peut que se sentir touchés par la douce chaleur qui rayonne entre eux au début du récit, par le bonheur du père lors des premières vraies vacances qu’il passe avec ses fils : « Ils étaient beaux mes deux fils, assis à cette table de camping, Fus déjà grand et sec, Gillou encore rond, une bonne bouille qui prenait son temps pour grandir. Ils étaient assis dos à la Moselle, et j’avais sous mes yeux la plus belle vue du monde ». On ne peut ensuite qu’assister, impuissants, à travers les yeux du père, à la mutation de Fus, à la fin d’une époque heureuse : « C’était fini le temps où on se serrait autour du petit lavabo de la salle de bain pour se laver les dents. C’était fini le temps où on bâclait la vaisselle en trois coups les gros, l’un sur l’autre, en n’arrêtant pas de se gêner, de se toucher, de se bousculer gentiment ».

Avec beaucoup de talent, dans un style à la fois sobre et vivant, l’auteur fait monter petit à petit la tension à coup de détails et d’anecdotes. On est happé par le récit, les personnages, ému aux larmes par ce huis-clos familial dont on redoute qu’il ne se termine mal. Chut, je ne vous en dirai pas plus ! Mais je ne peux que vous encourager vivement à lire ce petit récit simple et fort sur ce qu’est être père, sur ce qu’il faut de nuit mais surtout d’amour pour aimer inconditionnellement ses enfants, même quand un profond fossé se creuse entre eux et nous… Ce livre n’est ni une leçon politique, ni un jugement moral, simplement une invitation à méditer sur la fragilité de hommes, de la vie, et sur la force du pardon.

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