« La femme révélée » de Gaëlle Nohant

La-femme-reveleeAmis lecteurs, bonjour ! Désolée pour ma longue absence de ce blog pendant le confinement, mais cela ne m’a pas empêchée de lire ! Et je vous recommande aujourd’hui « La femme révélée » (Grasset, 22 euros), le dernier roman de Gaëlle Nohant, l’auteure de « La part des flammes » et de « Légendes d’un dormeur éveillé ».

C’est l’histoire de Violet, alias Eliza, une jeune femme américaine passionnée de photographie, qui s’installe seule à Paris dans les années 50 sous une fausse identité pour fuir son passé, laissant derrière elle un mari fortuné et un petit garçon… Inséparable de son appareil photo Rolleiflex, elle va découvrir les charmes de Saint-Germain-des-Prés, rencontrer des amis atypiques, tomber amoureuse d’un bel Américain mystérieux, révéler ses talents de photographe en saisissant l’humanité des « invisibles ». Vingt ans plus tard, elle décide de retourner dans le Chicago des années 70 à la recherche de son fils. Elle va y affronter son propre passé en même temps que l’actualité brûlante de l’assassinat de Martin Luther King, des manifestations pacifistes contre la guerre du Vietnam, des hippies, des Black Panthers, et de la violence de leur répression.

Dans ce beau roman qui se lit agréablement grâce à la plume fluide et sensible de Gaëlle Nohant, nous retrouvons avec plaisir la vie nocturne et bohème de Saint-Germain-des-Prés, qui était le cadre de vie de Robert Desnos dans « Légendes d’un dormeur éveillé ». Paris apparaît bel et bien pour la jeune Américaine exilée comme la ville magique, la ville de la liberté, le point d’ancrage pour une nouvelle vie à inventer.

Par opposition, Chicago est dépeinte comme une ville violente et corrompue, lieu de toutes les injustices sociales, en particulier pour les afro-américains victimes des formes de ségrégation les plus brutales. Mais que ce soit à Paris ou à Chicago,  l’auteure ne se contente pas de nous faire vivre une aventure romanesque, elle nous plonge littéralement dans le vent de l’Histoire grâce à un récit parfaitement documenté, comme le sont tous ses ouvrages. 

La place des femmes dans la société du 20ème siècle est également au coeur de ce roman – qu’elles soient mariées ou prostituées ! – , avec leur difficulté à s’émanciper des hommes, des conventions et à choisir leurs modes de vie personnels et professionnels. Ainsi, c’est au fil du temps et au prix de nombreux sacrifices que Violet-Eliza pourra gagner sa liberté, le droit de vivre en artiste et en accord avec ses convictions.

Un bon roman en somme, à lire sans hésitation pour s’évader d’ici et de maintenant !

 

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