« Le bal des folles » de Victoria Mas

IMG_4438Amis lecteurs, bonjour ! Laissez-moi vous présenter aujourd’hui « Le bal des folles », un premier roman de Victoria Mas (Albin Michel, 18,90€) déjà deux fois remarqué (Prix Stanislas et Talents Cultura) et présent dans la sélection du prix Fémina.

L’histoire : Nous sommes à la fin du dix-neuvième siècle, à Paris. L’hôpital de la Salpêtrière, dirigé par le célèbre professeur Charcot, abrite des « aliénées » de tous âges et de toutes sortes : idiotes, épileptiques, hystériques, folles, maniaques… Chaque année, ces femmes préparent activement leurs costumes de colombine, de gitanes ou de mousquetaires pour participer au célèbre Bal des Folles, organisé dans l’enceinte de l’hôpital à la mi-carême et ouvert au Tout-Paris. L’une d’elles, Eugénie, s’est retrouvée internée à  la demande de son père, mais est-elle vraiment folle ? L’infirmière Geneviève, fidèle assistante de Charcot, en doute peu à peu…

Dans ce livre, Victoria Mas met à nu la condition féminine au XIXe siècle. A l’époque, une jeune fille dite de bonne famille n’avait aucun droit, ni de sortir, ni de parler, encore moins de penser. Ainsi, dans le roman, c’est en voulant affirmer son indépendance d’esprit que la jeune Eugénie s’attire les foudres de son père, qui l’envoie dans un hôpital psychiatrique à la première occasion. Dans le milieu plus simple de l’infirmière Geneviève, le père n’hésite pas non plus à renier sa fille du jour en lendemain dès lors qu’elle lui semble développer des idées non académiques.

Si elle ne rentrait pas dans les normes de la société et avait un comportement potentiellement gênant pour sa famille, n’importe quelle femme pouvait donc être envoyée à la Salpêtrière et n’en plus sortir. Cela rappelle le triste sort de Camille Claudel, internée jusqu’à sa mort dans un hôpital psychiatrique à la demande de sa mère et de son frère, et souffrant tout du long de solitude, de froid et de faim. De fait, dans le même esprit que l’excellent « La salle de bal » d’Anna Hope, ce roman dénonce aussi les conditions d’enfermement des femmes en asile psychiatrique : depuis leur internement contre leur gré pour de soi-disants désordres neurologiques ou psychologiques, jusqu’à leur mise en scène dans des expérimentations d’hypnose réalisées par Charcot devant un public d’étudiants admiratif, en passant par ce Bal des Folles les exhibant comme des bêtes curieuses devant les riches Parisiens, aucune humiliation ne leur était épargnée.

Basé sur des faits historiques, ce premier roman met un peu de temps à démarrer puis se lit agréablement, même si on frémit vraiment d’indignation devant le traitement infligé à ces femmes par une société malade de sa propre folie.

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