« Leurs enfants après eux » de Nicolas Mathieu

Leurs enfants après euxAmis lecteurs, bonjour ! Je viens de dévorer le dernier Prix Goncourt : « Leurs enfants après eux » de Nicolas Mathieu (Actes Sud, 21,80€). Un roman qui retrace la vie de quatre jeunes à la fin des années 90, dans une petite ville désindustrialisée de l’Est de la France.

C’est donc l’histoire d’Anthony, de Hacine, de Stéphanie et de Clém. On les découvre en août 1992, par une chaude après-midi d’été, dans une petite ville triste et moche d’une vallée où les hauts fourneaux ne brûlent plus. Ils ont quatorze ans et on va les suivre le temps de quatre étés : le temps des mobylettes, des fêtes foraines et des soirées entre potes pour tromper l’ennui ; le temps du lycée puis des études et des premiers jobs ; le temps de la maturation physique et psychologique ; le temps des premières amours ; le temps des relations compliquées avec les parents ; le temps des bêtises qui peuvent aller trop loin…

Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d’une vallée, d’une époque, de l’adolescence. Il brosse le portrait d’une jeunesse qui peine à trouver sa voie dans ce bout de France en déclin, située à cheval entre la campagne et les ZAC bétonnées, les zones pavillonnaires et les blocs HLM. Rongés eux-mêmes par l’alcool, les difficultés professionnelles, financières et conjugales, les parents tanguent et ne tiennent plus lieu de repères. Alors les jeunes poussent tout seuls comme ils le peuvent ; ils s’accrochent à des rêves d’amour, de fortune et de réussite sociale pour puiser la rage de s’en sortir. Avec en général un objectif : quitter enfin cette vallée, qu’ils détestent autant qu’ils l’aiment, car c’est elle qui les a vus grandir.

C’est un roman touchant par sa façon de dépeindre les sentiments tumultueux et contradictoires des adolescents (dont la sexualité apparaît étonnamment débridée), vibrant par la passion qui anime ces personnages tiraillés entre amour et violence, intéressant par sa chronique de la société française à la fin du siècle dernier. Et c’est aussi un excellent bain de jouvence, car des auto-tamponneuses à la Coupe du monde de 98, il nous donne à revivre de bons souvenirs enfouis ! Un très bon roman donc, particulièrement bien écrit, qui mérite selon moi tout à fait son prix.

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