Tombeaux de papier

Amis lecteurs, bonjour ! Je vous parlerai aujourd’hui de deux romans très différents, mais dont les auteurs ont en commun le sujet, grave et émouvant : un hommage à un frère mort…

Avec-toutes-mes-sympathiesEn premier lieu, j’évoquerai le livre de Olivia de Lamberterie, « Avec toutes mes sympathies » (Stock, 18,50€). Dans son premier roman, la critique littéraire ultra médiatique délaisse pour une fois les mots des autres pour exprimer à travers l’écriture ses propres émotions suite à la mort de son frère le 14 octobre 2015. Ce dernier était un homme aussi flamboyant que dépressif, qui souffrait depuis des années de « dysthymie ». Et c’est son désespoir pathologique qui l’a amené à choisir d’en finir à 46 ans en sautant d’un pont à Montréal. Inconsolable, Olivia décide de prendre la plume afin de rédiger une ode vibrante de tendresse et d’admiration à ce petit frère tant aimé, de redonner vie à cet « homme éblouissant au cœur sombre », de le prolonger en quelques sorte. Une façon aussi de respecter sa dernière volonté : « Écris un livre ».  Le résultat est à l’image du disparu, un témoignage poignant, lumineux et triste à la fois, qui nous amène à réfléchir au sens de la vie et de la mort, à la force du lien fraternel, à l’amour qui ne permet pas toujours de sauver. Un très beau roman, salué par le prix Renaudot 2018 dans la catégorie Essai.

Mon frèreLe second est le dernier opus de Daniel Pennac, au titre bref mais explicite : « Mon frère » (Gallimard, 15€). L’auteur introduit ce joli roman intimiste par ces mots : « Je ne sais rien de mon frère mort si ce n’est que je l’ai aimé. Il me manque comme personne mais je ne sais pas qui j’ai perdu. J’ai perdu le bonheur de sa compagnie, la gratuité de son affection, la sérénité de ses jugements, la complicité de son humour, la paix. J’ai perdu ce qui restait de douceur au monde. Mais qui ai-je perdu ? » Dès le deuxième chapitre, on est surpris, car Daniel Pennac donne le relais à un autre auteur : Hermann Melville, dont il a lui-même monté, mis en scène et joué la pièce « Bartleby » seize mois après la mort de Bernard, son frère préféré, de 5 ans son aîné. Tout le roman se retrouve ainsi entrecoupé d’extraits de « Bartleby », qui éclairent de manière à la fois curieuse et touchante les souvenirs personnels de Daniel Pennac en lien avec son frère. Ce dernier était un homme aimé et aimant, pudique, regardant le monde avec une douce ironie, mais souffrant en silence d’un grand vide affectif. Tout comme le personnage de Bartleby face au notaire de la pièce de Melville, sa profonde humanité touche Pennac, tout en lui procurant un sentiment de désarroi et de tragique… Avec ce roman, l’écrivain au coeur tendre et à la plume affutée nous embarque une fois de plus dans son univers si attachant. Il nous démontre que la magie des mots ne comble pas le manque mais apaise le chagrin.

Une réflexion sur “Tombeaux de papier

  1. Bravo Anne-Sophie de nous conseiller ces 2 très beaux livres! Tu imagines bien vu le thème, que je les ai déjà lus, et me réjouis que ta publication donne envie à d’autres de s’y plonger! Bisessss

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