« L’Art de perdre » de Alice Zeniter

L'art de perdreAmis lecteurs, bonjour et tous mes voeux pour cette nouvelle année ! Qu’elle vous apporte plein de lectures passionnantes, effrayantes, émouvantes, percutantes ; en un mot : qu’elle vous fasse vibrer !!!

Pour démarrer 2018 en beauté, je vous propose un roman très riche et intéressant : « L’Art de perdre » de Alice Zeniter (Flammarion, 22 euros), récompensé par le Prix Goncourt des Lycéens 2017.

En 500 pages, Alice Zeniter, elle-même petite-fille de harkis, suit le destin de trois générations d’une famille kabyle, de l’Algérie à la France, des prémisses de la guerre d’Algérie à aujourd’hui. Cela commence dans les années 30, avec la découverte d’un pressoir par Ali et ses frères, petits paysans d’un village de Kabylie, qui va faire leur fortune en leur permettant de transformer leurs olives en huile. Puis Ali se marie, a plusieurs enfants dont Hamid, s’engage aux côtés des Français dans la Seconde Guerre mondiale. À son retour, il vit une période de bonheur et de prospérité. Mais la guerre d’Algérie arrive jusqu’au village et oblige chacun, de façon extrêmement brutale, à choisir son camp : le FLN ou les Français. La famille d’Ali est contrainte à l’exil, les indépendantistes considérant tous ceux qui avaient combattu dans l’armée française comme des traîtres. Une fois arrivés en France, la famille d’Ali est parquée dans des camps de fortune puis dans une misérable cité HLM, subissant d’un côté la haine des Algériens et de l’autre le racisme ordinaire des Français. Les années passent ; le jeune Hamid grandit, s’éloigne de sa famille, fait table rase du passé, épouse une Française. Mais les non-dits pèsent sur les enfants et petits-enfants d’Ali. En décidant de partir en voyage en Algérie, Naïma, la narratrice,  fille d’Hamid, va tenter de reconstituer son passé… et son identité.

Ce roman passionnant, très documenté, explique extrêmement bien les différents événements historiques qui ont conduit à la guerre d’Algérie, puis à l’immigration des « harkis » en France, enfin aux difficultés que rencontrent aujourd’hui les jeunes issus de cette histoire complexe et douloureuse. En nous plongeant dans cette saga familiale, Alice Zeniter nous fait toucher à l’intime de ce qu’ont vécu ces hommes et ces femmes contraints à s’exiler à vie de leur terre natale pour intégrer un pays qui était censé être le leur mais qui ne voulait pas d’eux, et nous invite à partager la quête d’identité de leurs descendants aujourd’hui. « Dans l’art de perdre il n’est pas dur de passer maître », écrivait la poétesse américaine Elizabeth ­Bishop (1911-1979). C’est elle qui a inspiré le titre de ce beau livre, qui évoque en effet de façon touchante de quelle façon on peut se relever après avoir tout perdu.

Une réflexion sur “« L’Art de perdre » de Alice Zeniter

  1. Un excellent livre que j’ai découvert grâce à Atout-plume et qui a eu un très grand succès auprès de ceux à qui je l’ai offert! Je suis ravie de ce super conseil !!! Merci ++++, Marie-Pierre

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