« Le Voyant » de Jérôme Garcin

Le voyantAmis lecteurs, bonjour ! Mon Dieu, comme le temps passe vite… Trois mois que je n’ai pas écrit la moindre critique de livre sur ce blog ! Pas sérieux du tout !!! Je vais donc reprendre mes bonnes habitudes en vous parlant tout d’abord du roman « Le voyant » de Jérôme Garcin (Folio, 7,20€).

Dans ce très beau livre à mi-chemin entre le roman et la biographie, Jérôme Garcin fait le portrait d’un écrivain-résistant oublié de l’Histoire : Jacques Lusseyran.

« Je ne voyais plus avec les yeux de mon corps, je voyais avec les yeux de mon âme. » disait-il.

Né en 1924, devenu aveugle à huit ans à la suite d’un banal accident à l’école, Jacques Lusseyran décide de faire de son infirmité une force : « La découverte fondamentale, je l’ai faite dix jours à peine après l’accident qui m’avait rendu aveugle. Elle me laisse encore ébloui. Je ne peux l’exprimer qu’en termes très directs et très forts : j’avais perdu mes deux yeux, je ne voyais plus la lumière du monde… je l’avais à jamais perdue. Mais je la retrouvais ailleurs. Je la retrouvais au-dedans de moi et, ô merveille! elle était intacte »… En dépit de son handicap, le jeune homme mène de brillantes études et intègre Louis-le-Grand. Il s’engage dans la Résistance à l’âge de 17 ans et participe activement au mouvement Défense de la France, avant d’être dénoncé, arrêté par la Gestapo et déporté à Buchenwald, en avril 1945. Revenant des camps après 15 mois de captivité, très marqué physiquement et psychologiquement par l’épreuve, il dit avoir paradoxalement appris là-bas à aimer la vie, en se battant pour survivre. Sa cécité lui a permis de se réfugier en son monde intérieur. Interdit d’enseignement en France du fait de son handicap visuel, il s’expatrie en Amérique où il est nommé professeur de français. Les Etats Unis lui offrent la reconnaissance que la France ne lui a pas donnée, ni en tant qu’écrivain, ni en tant que résistant. Il meurt dans un accident de voiture à quarante-sept ans.

Homme à femmes, « trois fois marié, mais cent fois conquis ; infidèle à toutes mais fidèle à chacune », Jacques Lusseyran ne suscite pas forcément la sympathie du lecteur (ou de la lectrice !), mais ce qui sûr, c’est qu’il ne laisse pas indifférent. En découvrant ses forces et ses faiblesses, ses épreuves et ses déceptions, on ne peut qu’admirer sa force de caractère exceptionnelle envers et contre tout. Ce roman rend un bel hommage à ce destin singulier, qui mérite d’être découvert.

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