« Là où tombe la pluie » de Catherine Chanter

la-ou-tombe-la-pluieAmis bibliophiles, bonjour ! Le roman dont je vais vous parler aujourd’hui s’intitule « Là où tombe la pluie » de Catherine Chanter (Le Livre de Poche, 8,60€). J’ai hésité à vous le présenter, car dans un premier temps je n’étais pas sûre de l’avoir « aimé ». Il est dense, âpre, dérangeant. Il se lit et se digère. Mais au final, il reste en bouche un récit envoûtant, puissant, extrêmement bien écrit. Il est d’ailleurs plébiscité par les éditeurs du monde entier.

C’est l’histoire de Ruth, une femme assignée à résidence dans sa propriété agricole, La Source, après le meurtre de son petit-fils Lucien. Seule et rejetée de tous, elle essaie de comprendre ce qui a conduit à la tragédie qui a détruit son mariage et sa famille. Tout avait pourtant bien commencé : avec son mari Mark, ils avaient décidé de quitter Londres pour reconstruire leurs vies en emménageant en pleine campagne à La Source, un rêve pour amoureux de la nature. Mais une sécheresse sans précédent s’est abattue sur le monde, épargnant mystérieusement leur propriété. Ruth et Mark s’attirent la jalousie et la haine de leurs voisins, l’intérêt intrusif du gouvernement, mais aussi l’installation sur leurs terres d’une secte, La Rose de Jéricho, dirigée par une femme fanatique, Amelia. L’emprise d’Amelia sur Ruth grandit de jour en jour, au grand dam de Mark, la tension monte au sein de La Source et éclate avec l’assassinat de Lucien dans la propriété. Mais qui a tué l’enfant ? La justice n’a pas pu trancher avec certitude. Désormais prisonnière de la Source, Ruth replonge avec angoisse dans ses souvenirs pour reconstituer le puzzle de  ce qu’il s’est passé.

Tout à la fois thriller psychologique, roman d’anticipation et fable écologique, cette histoire nous plonge dans un drame familial angoissant. Avec compassion et horreur, on accompagne Ruth et Mark impuissants face à l’effondrement de leur rêve. Cette dystopie (utopie qui vire au cauchemar) est décrite avec grand art, nous maintenant en haleine jusqu’au bout. Comme dans un terrible jeu de Cluédo, la personnalité complexe de chaque personnage est fouillée jusqu’à la moelle pour déterminer les probabilités qu’il soit l’assassin du petit Lucien. S’interrogeant sur la possibilité qu’elle ait pu elle-même tuer son petit-fils adoré dans un moment d’égarement fanatique, Ruth essaie de comprendre comment elle a basculé dans une dérive sectaire. Quant au cadre idyllique de La Source, il prend une place prépondérante dans le récit en devenant un personnage à part entière, magique et envoûtant, mais également diabolique et mortifère.

Ce roman original et addictif se lit comme un polar, une fable terrible, mais qui, ouf !, mène à la rédemption et à l’amour vainqueur. A lire, avec le coeur tout de même bien accroché 😉

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