Mon enfant, sa vie, son oeuvre ! (mai 2011)

A Versailles, dès la naissance d’un enfant, il est de bon ton de prévoir sérieusement son avenir scolaire et professionnel (voire conjugal et familial, mais ça c’est une autre histoire !). Les bonnes fées se bousculent autour du berceau pour souhaiter à nos chers petits les plus belles destinées : « Tu iras à Ginette, puis à Centrale ou Polytechnique pour devenir ingénieur, comme ton père, ton grand-père, etc. Ou bien tu feras une prépa à Hoche pour intégrer une grande école de commerce, telle qu’HEC, l’ESCP ou l’ESSEC, et briguer un poste de cadre sup’ en entreprise. » Fort bien, jolies perspectives ! Et puis c’est pratique, ce parcours tout tracé : pas besoin de se poser de questions, pas de stress, « yapluka »…

Mais attention, hors de ce programme, point de salut ! Alors comment faire quand notre enfant ne rentre pas dans les cases ? Quand il n’est pas formaté « scolaire », pas spécialement matheux, plutôt artiste ou littéraire, assez rêveur, un tantinet immature, avec des difficultés de concentration ou un vrai problème orthophonique… ou un peu de tout cela ? Quand les notes sont décevantes, malgré les heures passées par les parents et la maîtresse à expliquer les notions ? Quand le « coup de pouce » devient une habitude et les perspectives scolaires un sujet d’inquiétude ? Quand on est presque gêné d’avouer que non, notre enfant ne brille pas par ses résultats en classe ?

Même au sein de notre sympathique communauté de quartier, on évite de dire que l’un de nos enfants est en difficulté à l’école. On évoque plus volontiers celui de nos enfants qui réussit, qui n’a que des « 1 » à Saint Symphorien ou est pris en 6ème européenne. Comme s’il était honteux de ne pas exceller. Comme si tout était écrit dès les premières années et que la réussite professionnelle future dépendait forcément des bonnes notes obtenues en primaire. Comme si la réussite tout court était un but en soi.

Il me faut bien avouer que moi-même, en tant que maman, j’en arrive parfois à oublier que la performance scolaire est certes importante, mais pas vitale. Influencée par mon environnement, je m’impatiente, je tempête, je m’inquiète. Je perds de vue qu’aimer mon enfant, c’est l’aimer pour lui-même, avec ses forces et ses faiblesses, ses qualités et ses défauts, dans tous les domaines de la vie. C’est l’aimer pour ses failles mêmes et pour l’adulte qu’il est en devenir, avec un seul objectif : non pas qu’il réussisse dans la vie, mais qu’il réussisse sa vie.

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