Changer notre regard (avril 2015)

Le 2 avril a eu lieu la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. Vous vous en souvenez ? Moi oui, car ce jeudi matin-là, ma fille m’a tannée en pleurant parce qu’elle ne trouvait pas dans son placard de T-shirt BLEU adapté à la circonstance ! (PS : penser à prévenir la DASS que mes enfants n’ont rien à se mettre sur le dos…)

Mais c’est vrai qu’à la réflexion, elle avait raison, ma fille : le jeu en valait la chandelle. C’est important de parler de l’autisme et de soutenir les familles concernées, car c’est une réalité qui touche tout de même 1 personne sur 100 dans le monde, soit environ 600 000 personnes en France, dont 25% d’enfants. C’est d’ailleurs une véritable chance pour les élèves de notre école d’être sensibilisés à cela via la classe Arc-en-Ciel : rien de tel que cette proximité quotidienne vécue par les enfants dans la cour de récréation pour mieux se connaître et s’accepter mutuellement, sans discrimination.

Mais avant de parler de changer le regard de nos enfants, on pourrait commencer par changer le nôtre ! Je me rends compte en effet à quel point nos réactions spontanées peuvent parfois être en décalage avec nos belles idées et nos meilleures intentions. Ainsi, qui ne s’est jamais supris à observer avec un peu trop d’attention quelqu’un dont le handicap, mental ou physique, nous surprenait, nous bouleversait, nous perturbait ? L’instant d’après, on s’en veut d’avoir fait et éprouvé cela, mais c’est trop tard.

Chaque année, en septembre, c’est à ce petit travail introspectif que nous amène le festival Orphée, organisé à Versailles. Ce festival (et j’en profite, au passage, pour lui faire une petite publicité bien méritée) propose, depuis plusieurs années, de superbes spectacles de danse ou de théâtre mettant en scène des artistes handicapés et valides. C’est à chaque fois un véritable choc pour nous, public : on voit évoluer avec grâce des personnes en fauteuil roulant, des danseurs trisomiques, un homme privé de jambes… On rit devant l’humour ravageur d’une jolie femme exhibant sa prothèse de bras, ou du papa d’un enfant autiste… C’est sûr, au départ, on focalise sur le handicap. Ça nous gratouille et même, avouons-le, ça nous dérange. Puis peu à peu, on se laisse emporter par la qualité remarquable du spectacle et derrière la personne présentant une déficience, c’est l’artiste que l’on voit, avec un grand A. Et notre admiration n’en est qu’accrue… même si on a également un peu honte de notre première réaction. Pas si simple, notre rapport à la différence !

Alors, comme le préconise la compagnie Stopgap Dance dans le cadre de ce festival, pourquoi ne pas rapprocher davantage le monde des valides et le monde du handicap, « deux mondes parallèles », pour valoriser « l’interdépendance humaine, ses forces et sa vulnérabilité » ? Il suffit pour cela de changer notre regard…

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